Le ressort impose son assistance, le moteur la règle
Un exosquelette passif stocke de l’énergie dans des ressorts, des élastiques ou des vérins, puis la restitue. L’INRS précise que l’utilisateur doit d’abord fournir une force pour mettre le système en tension. Un exosquelette actif utilise des moteurs et des capteurs pour assister sur demande, sans cette mise en tension préalable.
La différence se lit sur le poids, la batterie et le réglage.
Sept critères pour départager ressorts et moteur
| Critère | Passif | Actif |
|---|---|---|
| Énergie | Aucune alimentation ; l’énergie provient des mouvements de l’utilisateur | Batterie, air comprimé, hydraulique ou alimentation filaire |
| Réglage | Souvent non réglable, ou de façon simpliste | Niveau d’assistance réglable finement ; 10 modes et une application sur les Hypershell |
| Plage d’assistance | Dépend de l’angle de l’articulation, optimale sur une plage donnée | Couple motorisé et piloté, qui pourrait suivre tout le mouvement, selon l’INRS |
| Poids | Plus léger : ni actionneur ni source d’énergie | Plus lourd : 8,4 et 11 kg pour les deux modèles d’entreprise de l’INRS, environ 2,6 kg annoncés pour les Hypershell |
| Entretien | Simple, mais ressorts et élastiques s’usent et se remplacent | Recharge, mises à jour par application ; batterie remplaçable en 3 secondes sur le Dnsys X1 |
| Zone assistée | Souvent une seule partie du corps, bras ou dos | Hanche et jambes pour les modèles du catalogue ; dos ou corps entier en entreprise |
| Limites relevées | Contrôle peu précis, amplitude de mouvement restreinte | Autonomie limitée par la batterie ; efficacité encore discutée |
Selon la revue de 2024, les actifs sont plus polyvalents parce qu’ils s’appuient sur des capteurs en temps réel. Les passifs restent limités pour les mouvements complexes et, aux jambes, pour porter des charges. Leur autre avantage est la simplicité : un ressort n’a pas de logiciel à mettre à jour.
Ce que les études mesurent, et sur quels appareils
En 2024, l’INRS a comparé en laboratoire deux exosquelettes de dos motorisés à l’absence d’équipement. Quinze hommes volontaires soulevaient des caisses de 5 et de 15 kg. L’activité des muscles lombaires a baissé de 9 à 33 % et celle des biceps fémoraux de 15 à 43 %, avec des écarts selon l’appareil, le niveau d’assistance et la charge.
Pour les passifs, l’INRS cite des travaux antérieurs : l’avantage peut être limité, voire inexistant, lors de certaines phases du mouvement, car l’assistance suit mécaniquement l’angle de l’articulation. Il note aussi que les passifs ont été davantage étudiés que les actifs, dont la technologie robotisée est plus récente.
Ces mesures portent sur des exosquelettes de dos professionnels, testés par des volontaires sans pathologie. Elles ne disent rien de l’Hypershell sur un sentier, ni du SkiMojo sur une piste. Les chiffres d’effort des fiches Amazon sont des annonces de fabricant.
Dans le catalogue : trois modèles à ressorts, quatre à moteur
| Modèle | Principe | Ce que la fiche annonce | Poids et batterie |
|---|---|---|---|
| Hypershell X Pro S | Moteur | 800 W, 30 % d’effort en moins en tests contrôlés, 17,5 km en mode Eco | Environ 2,6 kg, batterie de 72 Wh |
| Hypershell X Max S | Moteur | 1 000 W, 39 % d’effort en moins, 30 km en mode Eco | Environ 2,57 kg, batterie de 72 Wh |
| Hypershell X Ultra S | Moteur | 1 000 W de crête, réglage jambe par jambe, -20 à 60 °C | Poids non indiqué |
| Dnsys X1 | Moteur | 900 W, jusqu’à 20 km, assistance pilotée par IA | 1,6 kg pour la pièce mécanique |
| SkiMojo Silver et Gold | Ressorts, sans moteur | La fiche se limite à la garantie d’un an et à la collection 2025 | Non indiqué |
| Veste Bb+Air | Sans moteur | Jusqu’à 43 % de charge dorsale en moins | Non indiqué |
Les motorisés sont comparés dans le classement des sept exosquelettes et la sélection jambes, les SkiMojo dans la page exosquelette de ski. Une ceinture lombaire, une genouillère, une sangle ou un diable n’ont ni ressort d’assistance ni moteur : ils forment les alternatives sans moteur.
Quel mouvement veut-on assister ?
- Bras levés longtemps (plafond, peinture) : les passifs à câbles ou à ressorts dominent. Hilti annonce jusqu’à 47 % de contrainte en moins sur les muscles de l’épaule pour son EXO-1, sans batterie : c’est un chiffre du fabricant, détaillé dans le guide exosquelettes professionnels.
- Levages répétés : passif ou actif selon la charge et la tâche, et seulement après avoir revu la manutention elle-même, voir exosquelette de manutention.
- Marche longue, montées : les motorisés de loisirs, avec une batterie à recharger.
- Ski : des ressorts, sans moteur, pour la position fléchie.
Pour passer du principe au choix d’un modèle, le guide comment choisir un exosquelette classe les critères dans l’ordre où ils éliminent des fiches. La définition de départ est dans c’est quoi un exosquelette.
Questions posées
- Quelle différence entre un exosquelette passif et actif ?
L’énergie. Un passif restitue celle que ses ressorts ou élastiques ont stockée. Un actif ajoute celle d’une batterie par des moteurs, pilotés par des capteurs. L’INRS les distingue ainsi.
- Un exosquelette passif a-t-il besoin d’une batterie ?
Non. Il fonctionne sans alimentation, comme l’EXO-1 de Hilti, présenté sans batterie. Il n’ajoute pas de force : il aide à tenir plus longtemps des positions éprouvantes, comme les bras levés, selon EU-OSHA.
- Un exosquelette motorisé est-il plus efficace qu’un exosquelette à ressorts ?
Ce n’est pas démontré en général. L’INRS note que les actifs permettent des niveaux d’assistance plus élevés et mieux réglés, mais qu’ils suscitent encore des questions sur leur efficience. Tout dépend du mouvement assisté.
- Existe-t-il un exosquelette actif pour porter des charges lourdes ?
Oui, en entreprise : l’INRS a étudié l’Exoback de RB3D et le CrayX de German Bionic. Aucun ne figure dans le catalogue Amazon.fr. La page manutention détaille ce qui existe à la place.
- Une ceinture lombaire est-elle un exosquelette passif ?
Non. Elle n’a ni ressort d’assistance ni moteur : elle maintient le tronc. L’INRS la juge inefficace comme outil de prévention. Elle est comparée dans le comparatif des ceintures lombaires.
- Quel type d’exosquelette est le plus léger ?
En général le passif, qui n’a ni actionneur ni source d’énergie. Les Hypershell annoncent pourtant environ 2,6 kg, moins que les 8,4 et 11 kg des modèles d’entreprise étudiés par l’INRS. Les fiches des modèles à ressorts du catalogue ne donnent pas leur poids.